For-a-palpitationCommencement-Introduction

For-a-palpitationCommencement-Introduction

"Vous êtes-vous déjà demandé si nous faisions les moments de nos vies, ou si ce sont les moments de nos vies qui nous font ?

Si vous pouviez revenir en arrière et changer une seule chose de votre vie, le feriez-vous ?
Et si vous le faisiez, ça rendrait votre vie meilleure ?
Ce changement briserait-il forcément votre coeur ? Ou le coeur d'un autre ?
Choisiriez-vous une toute autre direction ?
Ou changeriez-vous juste une chose ? Juste un moment ? Un moment que vous voudriez n'avoir jamais vécu."
citation tirée de one tree hill


___________________________________________Informations______________________________________________-

J'accepte toute critique constructive, positive ou négative
Je tiens à signaler que j'ai reppris les personnages de la série "one tree hill" mais que les personnalités seront totalement différents.

Saison 1: finie {40 scènes}
Saison 2: en cours

Autres blogs: chick-impact // into-your-garden // letters-fr0m-the-sky



__________________________________________Journal du blog_____________-________________________________

▪ 10/08 : Mise en ligne de la scène 13 (saison 2).
▪ 19/09 : Reconstruction du blog
▪ 07/11 : Mise en ligne de la partie I (scène 14 - saison 2)


# Posté le samedi 25 août 2007 10:53

Modifié le samedi 07 novembre 2009 08:40

» For-a-palpitation » Prologue ~ Partie 1

» For-a-palpitation » Prologue ~ Partie 1

Il a dit non une première fois d'une voix meurtrie. Il ne les a pas regardés. Il tenait sa tête dans ses mains, les paupières à demi closes. Il ne voulait plus rien voir, et surtout pas eux, avec leurs visages faussement désolés, leurs regards insistants.
Les gens en blouse blanche sont repartis sans hâte. Ils parlaient entre eux, de lui, d'elle, de toutes ces choses qu'ils sont incapables de comprendre.
Plus tard, ils sont revenus, juste deux, un homme et une femme. Ils l'ont entouré.Ils se taisaient, mais il savait pourquoi ils étaient là, pourquoi ils attendaient.

_ Vous n'avez pas le droit!

Il a crié, la gorge verrouillée de sanglots. Il n'avait plus honte de pleurer devant eux. De toute façon, il le savait à présent, il n'aurait plus jamais honte d'avoir mal.
Dans sa poitrine, un point d'acier martelait son coeur. Il aurait voulu se souvenir d'avant, d'un autre chagrin. Il aurait voulu pouvoir se dire que tout passe, tout s'efface. Un peu comme dans les chansons, celle qu'elle aimait fredonner sous la douche.



« FLASHBACK »

Il ouvre la porte et la voit, elle, derrière ce rideau vert d'eau. Il s'appuie contre l'embrasure de la porte. Il pourrait l'observait durant des heures...

_ Relax, take it easy for there is nothing that we can do...

Il rit. Elle s'arrête de suite et se retourne.

_ On espionne la futur star de la chanson ?

Il rit de plus belle.

_ Je n'espionne rien du tout, je venais admirer...

Elle rit de son compliment comme à chaque fois qu'il lui en fait. Qu'est-ce qu'il aime son rire.
Il la regarde alors plein de désir. Elle le fixe et ouvre le rideau. Il entre et sent l'eau couler sur sa peau, sent son odeur... Ses sens sont en éveil.


« FIN DU FLASHBACK »


# Posté le samedi 25 août 2007 13:16

Modifié le samedi 19 septembre 2009 12:58

» For-a-palpitation » Prologue ~ Partie 2

» For-a-palpitation » Prologue ~ Partie 2

Plus tard se sont rapprochés son amie de toujours et ses parents à elle, les yeux cernés et rouges. Ces derniers se tenaient par le bras. Il les enviés, avec le peu de force qui lui restait. Il les a aussi détestés parce que ces deux-là, malgré tout, vieilliraient ensemble, et pas eux.
C'est son amie à elle et à lui qui a parlé de sa voix posée, avec des mots pour convaincre, pour abattre les barrières, des mots qu'il n'a pas écoutés.

_ Ecoute, je t'en prie, soit raisonnable, tout cela ne changera rien... malheureusement.

Il a serré les poings et les a enfoncés au fond de ses poches, comme si, brutalement, il avait voulu emprisonner toute sa rage, tout son désespoir.
Puis c'est sa mère qui est venue vers lui. Il s'est demandé si plus tard, dans dix ans, vingt ans, la jeune femme finirait par lui ressembler. Il a brutalement réalisé que jamais il ne le verrait et il s'est détourné.
Les parents, serrés l'un contre l'autre, dos voûtés, et son amie sont repartis. Il a crié:

_ Non jamais! Vous entendez, jamais!

Et les autres, les blouses blanches, les habitués des drames, de nouveau, l'ont entouré.
Ils sont toujours là, si près de lui que leurs bras l'effleurent. Ils vont parler. Ils n'ont pas beaucoup de temps devant eux.
Il se mure dans son silence. Il n'écoute que cette douleur qui bat ses tempes, plus fort, toujours plus fort.
La femme en blanc se tourne lentement vers lui. Elle a de beaux yeux noisette. Quel âge-a-t-elle? 35 ou 40 ans...
Il n'a jamais su déterminer les âges. Elle riait de sa naïveté. Il se souvient qu'elle expliquait, moqueuse :

_ Pour une femme, c'est facile, tu ajoutes simplement cinq ans à ton évaluation si ta lauréate est maquillée et bien coiffée. Pour un homme, tu en déduis cinq s'il affiche un air affranchi et orgueilleux.

Il évoque leur premier regard, celui qui électrise le coeur et chamboule le ventre. Celui qui vous lie à jamais à une inconnue. Quel âge avait-elle? Il lui avait posé la question.


« FLASHBACK »


_ Seize ans! dit-elle en relevant avec défi son petit menton, balayant d'un geste nerveux une longue mèche brune tombant en travers de son visage, telle une immense virgule sombre.

Il la regarde fasciné et répond:

_ Je ne veux plus te quitter!
_ Mais on ne se connaît même pas! a-t-elle plaisanté.


Justement, il veut du temps pour l'apprendre, pour l'apprivoiser, pour découvrir les trésors cachés du mot amour. Ce petit mot qui s'amuse à dissimuler le chagrin sous le bonheur.


« FIN DU FLASHBACK »


Il l'avait eu, son bonheur, le vrai, chaud comme un soleil d'été, avec elle, parce qu'à force de croire que la vie ne pouvait être qu'un chemin à suivre main dans la main ils ne s'étaient plus quittés.
Ils s'aimaient à travers un regard, un sourire. Leur quotidien était tendresse, complicité. Ils s'aimaient si fort que leur meilleure amie s'exclamait en disant:

_ A vous côtoyer, je vais finir par croire que le bonheur existe!

Il existait, immense, palpable. Le bonheur, c'était ce lit comme un grand bateau blanc, où chaque soir il s'écroulait près d'elle avec l'impression que jamais il ne pourrait être rassasié de son corps.
C'était aussi son ventre blond, qu'il appelait sa plage, où d'un doigt câlin il traçait des arabesques de douceur.

# Posté le dimanche 26 août 2007 10:04

Modifié le samedi 19 septembre 2009 13:34

» For-a-palpitation » Prologue ~ Partie 3

» For-a-palpitation » Prologue ~ Partie 3

Son corps se raidit, se durcit.

_ Non, s'obstine-t-il en secouant la tête, en refusant d'affronter le regard noisette.
_ Je comprends, mais pour nous, c'est très important.


Pour lui, l'importance est ailleurs, derrière lui.



« FLASHBACK »

Ils viennent de s'installer dans leur appartement après avoir dû argumenter pour que leurs parents acceptent. Il s'assoit dans un fauteuil quand il entend un rire. Il se lève et se dirige vers le bruit. Il la voit, elle rit tout en dessinant une frise de lutins sur le bois tendre d'un berceau, trônant au milieu d'une chambre aux murs bleus et roses. Elle ne s'est pas décidée. Elle ne veut pas savoir.

_ Tu ne veux toujours pas savoir? demande-t-il une dernière fois connaissant déjà la réponse.
_ J'aime les surprises! dit-elle en se retournant vers lui.


Garçon, fille...Ils dressent des listes de prénoms. Ils se disputent pour choisir.
Elle continue de le fixer et dit soudain:

_ Il aura tes yeux.
_ Ta bouche, répond-t-il en s'avançant un peu plus près d'elle.


Ils s'embrassent en riant.


« FIN DU FLASHBACK »


L'enfant n'était pas venue. Une nuit, elle s'était mise à hurler, pliée en deux par la souffrance. Le sang tachait le drap, la courte chemise de nuit. L'enfant s'en était allé d'elle, à tout juste quatre mois de grossesse.


« FLASHBACK »


_ Pourquoi? gémissait-elle sur le brancard dans le couloir de l'hôpital.

Pour elle, il voudrait détenir des réponses, des explications qui rassurent, mais serrant sa main brûlante, il se contente de secouer la tête, incapable d'expliquer l'inacceptable.

« FIN DU FLASHBACK »



Il se tourne soudain vers la femme aux yeux d'écureuil.

_ Pouvez-vous me dire pourquoi les malheureuses après une fausse couche sont dirigées vers le service d'obstétrique ?

Elle le dévisage, interloquée. Il continue, indifférent à l'interrogation de ses prunelles.

_ Dans une chambre voisine, un nouveau-né pleurait. C'était atroce. Elle écrasait ses poings sur ses oreilles. Les larmes glissaient toutes seules sur ses joues pâles. Et j'étais là, impuissant.
_ Votre fiancée a fait une fausse couche? ose-t-elle.


Il se dresse d'un bond. Elle essaie d'attrapper sa main, de le retenir.

_ Oui. C'était il y a sept mois. Ensuite, elle disait qu'elle avait trop peur, qu'elle ne se sentait pas la force d'affronter une autre épreuve. Elle disait...

Il ne peut poursuivre plus loin. Elle prend sa main.

_ Je comprends, murmure-t-elle.

Il libère brutalement son poignet.

_ Mais non, vous ne comprenez pas! Vous faites semblant, comme tous ici, parce que c'est votre métier de compatir. Mais au fond, je sais que vous ne pensez qu'à une chose, me la voler un peu plus ! Je vous l'interdis !

Elle baisse la tête. Elle va renoncer. Elle sait qu'elle n'a pas le droit d'aller plus loin. Elle se lève à son tour.

_ Laissez-moi, dit-il.

Elle obéit. Elle s'éloigne dans le couloir désert parce que la nuit s'éternise, parce que le jour, peut-être, jamais ne reviendra.
Il retombe dans son siège, face à la petite table recouvertes de revues.
Il devrait rentrer, fuir cette odeur de désinfectant, de mort, fuir tout ce blanc qui lui donne envie de vomir. Il n'en a pas la force. Il se dit qu'il restera là tant que personne ne le jettera dehors, que jamais plus il ne bougera, parce que vivre sans elle est inenvisageable.

# Posté le lundi 27 août 2007 08:59

Modifié le samedi 19 septembre 2009 14:17

» For-a-palpitation » Prologue ~ Partie 4

» For-a-palpitation » Prologue ~ Partie 4

Dans un sursaut, il ouvre les yeux.Un peu de jour s'accroche à la baie vitée ouverte sur la cour. Un jour blême et tiède.
Il déplie ses longues jambes.
Comment a-t-il osé s'endormir ? Il s'en veut. Il se déteste. Il regarde la porte de la chambre 21. Sa main appuie sur la poignée, ne pousse pas tout de suite le battant.
Il a peur de ce que cache cette porte, cette chambre, là où le seul bruit rappelant la vie est fourni par une machine. Là où elle ne vit déjà plus, harnachée de sondes, d'un masque, où son pauvre corps se laisse manipuler par cet appareillage barbare. Il ne sait plus depuis combien de temps elle vit ce calvaire. Il ne compte plus. Le temps a assassiné l'espoir. Pourtant ils avaient dit :

_ Nous ne pouvons rien affirmer, seulement vous dire que si, dans vingt-quatre heures, aucune évolution ne se manifeste, les séquelles seront irréversibles.

Il entre. Il ne la regarde pas. Il écoute le ronron lancinant de la machinerie qui remplace ses poumons, qui l'aide encore à respirer, à être là, malgré tout. Malgré eux!
Il marche vers le lit, vers la main blessée d'un cathéter. Il l'effleure. Elle est à peine tiède, quasiment morte.
Son regard évite le visage qui n'est déjà plus le sien, qui ne l'est plus depuis...


« FLASHBACK »

Ce jour-là, elle décide de conduire. A cause de lui et de sa fatigue. Ils vont chez ses grands-parents à elle, à Wilington.
Elle ne roule pas vite. Elle déteste la vitesse. Autrefois, lui avait-elle confié, elle avait perdu un ami dans un accident de voiture.

_ Il était ivre. Il n'avait pas son permis depuis six mois.

Il dort dans la voiture, roulé en boule, les bras sur sa tête.
Puis, la voiture percute une rambarde d'autoroute. Le pare-brise vole en éclats. Elle gémit. Il a mal. Le ciel chavire. Le revêtement de la route fait de pierres est contre sa joue.
Il ne la voit plus. Il l'appelle. Il la cherche. Un homme casqué s'approche, le calme.

_ Tout va bien.

L'homme ment...Il voit la voiture là-bas, et les hommes qui oeuvre pour l'arracher aux tôles froissées. Il l'aperçoit sur un brancard. Il voudrait courir. Ses jambes refusent de le porter.
Un hélicoptère l'emporte.

« FIN DU FLASHBACK »


Alors pourquoi la voiture s'était-elle écrasés contre la rambarde si elle roulait doucement ? Un pneu éclaté, une voiture qui double, percute la portière, les expédie vers la barre d'acier, vers sa mort à elle sous un ciel couleur de Méditerrannée...

Il lâche la main inerte. Ses doigts glissent vers le bras meurtri par les aiguilles, les tuyaux, remontent vers l'épaule ronde et soyeuse, hésitent aux abords du cou, à la naissance du menton, et se retirent soudain, se recroquevillent sur eux-mêmes.
Il reste debout près du lit. Ils ont été obligés de couper ses cheveux. Il la regarde enfin, petit visage blême à demi caché par le masque. Ses yeux sont clos. Il se demande si ce sont eux qui les lui ont fermés ou si c'est ainsi pour tous ceux dont la vie s'échappe, tous ceux qui naviguent dans les limbes du coma. Il voudrait les lui ouvrir, être encore une fois foudroyé par leur douce couleur verte-marron.
Il parle enfin. A elle, des mots arrachés à son chagrin, à cet amour qui s'obstine.

_ Ils m'ont demandé une chose terrible. Ils veulent te prendre ce qui pour moi est synonyme de notre amour, de notre histoire...Je ne peux pas, je ne veux pas. Ils n'ont pas le droit. Je me moque de la souffrance des autres, seule la mienne et la tienne m'intéressent. Le chagrin rend égoïste, mais ils ne comprennent pas, ils me harcèlent. Dis-leur, toi, que tu refuses, que tu ne veux pas le donner.

Il se détourne comme s'il avait voulu lui dissimuler les larmes qui inondent ses joues, alors d'un geste brusque, il les efface.
Une infirmière entre. Machinalement, elle vérifie les moniteurs. Il sait bien qu'elle n'agit pas pour son confort à elle, mais pour cette partie d'elle qu'ils espèrent dérober, pour que rien ne puisse l'endommager...
Il écrase ses poings sur ses oreilles. La jeune femme en blouse blanche repart à pas feutrés. Il quitte à son tour la chambre, retourne vers le fauteuil, la table basse aux magasines périmés, vers les corridors de cet hôpital où tous les visages qu'il croise portent la marque des drames qui se nouent et se dénouent dans les chambres.
La mort empeste, elle imprègne les blouses blanches. Le désinfectant ne peut rien contre elle. Elle est partout, sournoise et décidée. Elle ne se bat pas pour gagner, elle gagne inévitablement.

# Posté le samedi 01 septembre 2007 06:11

Modifié le samedi 19 septembre 2009 15:14