» For-a-palpitation » Saison 2 ~ Scène 14 _____________________" What if this storm ends ? "

» For-a-palpitation » Saison 2 ~ Scène 14  _____________________"  What if this storm ends ? "

» Musique : The lightning strike

PARTIE I

Il y avait un temps où tout paraissait plus simple... L'espoir, l'avenir, les épreuves, la vie ; tout avait un goût de légèreté. Et puis tout ça a pris un vol direction les étoiles et les rêves. Sans aller-retour.


Mes jambes poussent des cris silencieux. Les visages alentours me guettent, me lancent des appels coléreux, espérant apaiser ma course effrénée. Même les assourdissants klaxons des voitures semblent me dire « stop ». Je pourrais le faire ; je pourrais m'arrêter, reprendre mon souffle, sentir ma gorge brûlée, mes muscles s'ankyloser et repartir tranquillement. Je pourrais faire tout ça.

« Lucas, c'est Haley. Ecoute, il faut...il faut que tu viennes à l'hô...à l'hôpital. Je ne sais pas trop ce qui se passe. Je crois...je crois que la vie n'est vraiment pas un conte de fée. C'est Peyton... Il faut que tu viennes, d'accord ? Parce que c'est Peyton,...parce que tu sais ce que ça signifie... »

Mais je ne peux pas. Alors je continue à courir. A essayer de sortir la voix larmoyante d'Haley de ma tête. A tenter de faire taire ce message bloqué sur « repet ». Inlassablement. Le paysage défile sans que je n'en prenne conscience, le temps s'écoule sans que je ne puisse l'arrêter. Finalement, tout recommence... La peur des mots qui vont tomber ; le mal qui ronge chaque partie de mon corps ; la sensation que le monde tourne trop vite, trop indifférant aux malheurs qui lui sont causés. Et puis tout d'un coup, tout disparaît. Tout s'arrête. Le vacarme des rues, le murmure des voix environnantes, le mouvement de mes muscles,... Tout n'est plus que silence devant ce bâtiment. Cette immense bâtisse blanche surplombée de cet insigne : Hôpital St.Grace.
Je sais que je devrais bouger, ou au moins faire un simple petit pas, mais je n'y arrive pas. C'est comme si le temps avait reculé de quelques mois. Comme si Brooke...

_ Alors petit, on a dû mal à franchir cette porte ?

Je me retourne, sortant de ma torpeur. Un homme d'un certain âge se tient à mes côtés, le regard fixé sur le mouvement de va-et-vient de la porte en question. Son visage donne l'impression d'avoir traversé toute une vie de souvenirs, bons et mauvais.

_ Tu sembles bien fatigué. Pourtant, c'est moi qui devrais me plaindre de mes rides !

Il rit. Il rit comme un homme épuisé par les coups, mais qui a encore le c½ur remplit de bonté. Le c½ur prêt à savourer chaque minute de bonheur.

_ Ma femme disait qu'elles étaient belles, qu'elles représentaient notre histoire. Tu vois cette ride ? C'est lorsque notre fille a eu un accident de voiture. Et celle-ci, c'est quand notre fils nous a donné des soucis.
_ « disait » ?
_ Cette ride, là, sur mon front,...c'est lorsque j'ai appris que ma femme avait un cancer.
_ Je...


Mon souffle se coupe et ses yeux s'embrument. Il me confie sa vie, sa plus grande souffrance et la seule chose dont je suis capable, c'est rien. Absolument rien. Je reste immobile, l'observant ; j'essaye de sortir les bons mots. J'en suis incapable.

_ Te torture pas petit ; je sais que t'es désolé. Parfois on a du mal à dire les mots simplement parce qu'ils nous sont trop douloureux, trop intimes. Toi aussi t'as perdu quelqu'un dans cet hôpital, pas vrai ?

Je ferme mes paupières, faisant apparaître son doux visage, à moitié caché par son éternelle mèche sombre. Pourquoi la douleur est-elle toujours aussi vivace ?
Il pose une main sur mon épaule.

_ Tu sais p'tit gars, il faut la laisser partir...la peine. Parce que si on s'y accroche, on loupe pas mal de choses. C'est ce que j'ai compris il y a peu de temps... Aujourd'hui, ma fille va accoucher. Alors je vais franchir cette porte ; parce qu'elle m'attend, parce qu'elle est ce qui me reste de plus cher... Et toi, quelle est cette personne à qui tu tiens tant ?
_ ...
_ En tout cas, elle doit sacrément compter pour que tu aies décidé d'affronter ta plus grande peur.
_ Je...je n'ai rien décidé.


Il me sourit. D'un sourire tendre et cassé. Puis, après un dernier geste affectif sur l'épaule, il s'en va ; s'avance vers les battants infernaux qui ne cessent d'aspirer toute forme de chaleur. Et dans un ultime signe vers moi, il se retourne.

_ Si tu es ici, c'est que tu as déjà pris ta décision, petit.

Son silhouette disparaît, tout aussi soudainement qu'elle n'était apparue.


J'ai attendu. Sous la fine pluie qui a commencé à s'abattre, j'ai attendu. Quoi ? Je n'en sais rien. Je crois que j'ai voulu amadouer cette porte, essayé de calmer son rythme effrayant, débridé. Combien de temps ? Cinq minutes, peut-être dix... Les secondes s'échappent si vite. Et puis, j'ai fait un pas. J'ai commencé à m'avancer.


# Posté le mercredi 19 août 2009 03:30

Modifié le samedi 07 novembre 2009 08:39