» For-a-palpitation » Prologue ~ Partie 5

» For-a-palpitation » Prologue ~ Partie 5

La colère le mitraille. L'injustice est trop grande, impossible de la supporter, de l'admettre. Ses poings se contractent. Il veut comprendre. Il hurle. Une infirmière accourt, tente de l'apaiser.

_ Calmez-vous, sinon je vais être obligée d'appeller la sécurité.

Qu'elle appelle ! Que les hommes en bleu aux muscles durs l'emmènent, le jettent dehors. Il reviendra, encore et toujours. Il leur interdira de l'approcher. Il la protègera. Il s'abat mollement dans le fauteuil.La jeune fille en blouse blanche reste à ses côtés. Elle est blonde et jolie. Elle porte à son cou un médailon en forme de coeur. Quelle ironie !
Le bijou l'hypnotise.

_ Je l'aime, dit-il. Je l'aime plus que tout.

Si jamais elle ose répondre: « Je comprends », il arrache la chaîne et le bijou doré !
Elle ne dit rien. Elle a simplement passé son bras autour de son épaule. Il ajoute :

_ Ils vont la massacrer, la mutiler. Elle a bien assez souffert comme ça.

Elle a souffert dans la voiture disloquée, dans l'hélicoptère qui l'emportait. Un drôle de baptême de l'air pour elle qui redoutait de monter sur une échelle, sujette au vertige.
Elle a souffert dans la salle d'opération, sur ce lit où elle a refusé de se réveiller, peut-être simplement pour échapper à la douleur, à toutes les meurtrissures de son corps, et eux, ils voudraient recommencer, lui imposer encore le bistouri et toutes ces sales choses. Jamais.
Il appuie sa tête contre l'épaule de la jeune infirmière. Elle le serre un peu plus contre elle, toujours silencieuse. A les voir comme ca, on pourrait croire qu'ils s'aiment.
On pourrait croire n'importe quoi, mais certainement pas cette réalité terrible. Il renifle, s'excuse. Elle sourit.

_ Pleurez si cela vous peut vous soulager.

Sa voix est douce, une voix créée pour parler aux enfants.

_ Nous nous sommes connus grâce à une amie commune, raconte-t-il. A l'époque, je voulais être basketteur professionnel et elle, elle ne savait pas. Je la trouvais superficielle et seule. Elle me trouvais ringard et seul. Finalement, nous avons faits connaissance et nous nous sommes installés dans un appartement. C'était voilà deux ans. C'est important, les anniversaires, alors nous avions décidé de le fêter chez ses grands-parents à Wilington.
_ Vous êtes fiancés ?


Il secoue la tête. Ni lui, ni elle n'y songeaient. A quoi bon un papier officiel.

_ Vous n'avez pas d'enfant ?
_ Non...


L'enfant qui n'a pas voulu naître, aujourd'hui serait là, assis près de lui. Il ne comprendrait pas. Il la réclamerait en tapant du pied, son petit pouce planté dans sa bouche. Il aurait mal, ce tout petit, si mal, et lui, il n'aurait même pas le courage de le consoler. Il ne serait plus père parce qu'à force de souffrir on ne sait plus penser aux autres.
Il regarde l'infirmière blonde.

_ Etes-vous mariée ?

Elle hoche la tête. Il demande :

_ Et si c'était votre mari qui était dans cette chambre, si c'était à lui qu'on voulait le prendre, que feriez-vous ?

Elle va certainement lui expliquer qu'elle accepterait, en tripotant le petit médaillon doré, en plantant son regard d'eau dans le sien, lui expiquant que la médecine ne peut pas progresser sans sacrifices.
Non, elle ne dit rien. Il apprécie son silence.

_ Désirez-vous un café ? propose-t-elle.
_ Non, merci.


C'est l'heure des filles de salle, des aides-soignantes, un défilé de bouses rose ou bleues. C'est l'heure où, chambre 21, elles lavent son pauvre corps, vérifient les perfusions.
Ses parents et son amie sont avec elle. Le médecin chef les rejoindra bientôt. La décision finale ne saurait tarder.
La porte aimante son regard. Ses jambes tremblent. Il fait un pas et brusquement se souvient d'un après-midi où elle l'entraîna de force dans un cinéma où repassait Love Story. Il détestait. Elle adorait.



« FLASHBACK »

Il la regarde amusé. Elle chantonne: « Elle aimait Mozart, les Beatles et moi... »

_ S'il te plaît, insiste-t-elle. J'adore pleurer dans tes bras.


« FIN DU FLASHBACK »


Et elle avait pleuré, le nez dans son cou, mouillant sa chemise. Et il pleure, aujourd'hui, le front contre la porte de la chambre 21...


# Posté le lundi 03 septembre 2007 11:00

Modifié le samedi 19 septembre 2009 16:08

» For-a-palpitation » Prologue ~ Partie 6


Un homme l'écarte doucement. Il porte des lunettes et un stéthoscope autour du cou.
Il entre, mais ne referme pas. Il aperçoit le père et la mère qui entourent le lit. Sans doute autrefois, quand elle n'était qu'une petite fille, le soir se penchaient-ils vers elle avec ce même regard plein de tendresse.
Il aperçoit aussi son amie cachant ses joues inondées de larmes avec ses longs cheveux châtains. Cette amie qui a toujours été là pour elle, pour lui. Pour eux.
Il s'avance, perçoit une voix feutrée, mouillée de larmes, qui balbutie:

_ J'accepte.

C'est celle qui lui a donné la vie qui a parlé, elle qui, soudain, accepte de l'offrir à un inconnu, elle qui décide et tranche.
Un « non » plein de rage et de désespoir s'étrangle dans sa gorge.
Il n'a plus le droit d'intervenir. Qui est-il d'ailleurs pour décider ? Juste son amour, son unique amour.
Il se précipite vers le lit, saisit la main tiède où déjà ils ont ôté les électrodes, les cathéters. Il la serre à la broyer. Il ne veut pas la laisser partir. Pas sans lui.
La machine se tait.
Des infirmières se précipitent. Maintenant il faut agir vite. Elles la déplacent sur un brancard. Elles l'emportent.
Elle s'appelait Brooke.



Dans une chambre du service de cardiologie, une jeune femme blonde pleure de joie. Penché vers le lit où elle repose depuis des jours, un homme brun répète d'un air hébété :

_ C'est pour ce soir, mon amour. Un coeur tout neuf.



» For-a-palpitation » Prologue ~ Partie 6

# Posté le mardi 04 septembre 2007 11:13

Modifié le samedi 19 septembre 2009 17:14

» For-a-palpitation » Saison 1 ~ Scène 1

» For-a-palpitation » Saison 1 ~ Scène 1

Cela fait une heure qu'ils se regardent, les yeux pleins de larmes, une béatitude sur leurs visages. Il la contemple, émerveillé, heureux de revoir son sourire, ses yeux verts lumineux.
Des larmes coulent sur leurs joues sans qu'ils s'en rendent compte réellement. Ce moment est si magique, qu'ils ont peur de se réveiller et de retomber dans leur cauchemar qu'est la vie. Il s'approche, pose son front contre le sien. Il touche ses joues de ses doigts. Il l'embrasse tendrement en lui transmettant tout son soulagement.

_ Tu te rends compte, après tout ce temps à attendre. Nous avons été récompensés !

Puis tout à coup une foule de blouses bleues et roses entrent dans la chambre. Elles le reculent du lit, la place, elle, sur un brancard et l'emportent.

_ Je t'aime Peyton! eut-il juste le temps de dire avant qu'elle ne disparaisse de sa vue.

Il décide d'aller se chercher un café. Il veut sortir de cette chambre où ses pires angoisses ont faillies se réaliser.
Il passe devant la salle d'attente. Il voit un jeune homme blond et une fille aux cheveux châtains qui l'enlace dans ses bras. Ils doivent avoir son âge. Au premier coup d'oeil, il a cru que c'était un couple. Mais il remarque que l'homme est désespéré, pleure et essaye de se défaire de l'étreinte de la fille, fou de rage. A regarder de plus près, il voit dans son regard azur un vide. Le même vide qui l'avait submergé quelques jours plus tôt.


« FLASHBACK »

Nathan rentre d'un match de basket, qu"il a gagné. Il entre sans frapper dans cette maison qu'il connaît par coeur. Comme à son habitude depuis quelques mois, il n'est pas aller à la fête d'après-match pour aller la voir. Pour ne pas la laisser seule.
Depuis le hall, il entend la musique de sa chambre. Une nouvelle passion qu'elle s'est trouvée. Il ne lui a jamais demandé mais il pense que c'est un refuge pour s'évader, pour oublier. Son refuge à lui, est la littérature. En lisant, il oublie tous ses soucis: l'alcoolémie de sa mère, la mort de son père et l'état de santé de Peyton. Il s'échappe dans un autre monde où tout est parfait comme dans les rêves. Presque trop.
Il monte les escaliers qui mène à la chambre. Parfois quand il entre, elle danse au milieu de la pièce sur le rythme du son. Il admire alors ses mouvements, ses longues jambes envoûtantes et ses cheveux blonds volants. Puis il revient à la réalité et lui dit de ne pas faire trop d'effort. Alors elle s'arrête et ça lui déchire le coeur de la voir si triste.
Il pousse la porte de sa chambre, le visage serein. Et là, il la voit, elle, Peyton, son seul amour, allongée par terre. Il court et s'agenouille à côté d'elle.

_ Peyton réponds-moi! Allez blondie, réveille-toi!

Mais elle ne bouge pas. Il sent la panique le submerger et appelle une ambulance.

Il est debout contre le comptoire d'acceuil de l'hôpital. Il se laisse glisser au sol. Des larmes inondent son visage. Il ne veut pas la perdre, pas elle. Sans son amour, sans sa présence, il ne serait plus rien. Son regard est vide. Il n'y a plus cette petite étincelle d'espoir et d'amour.
Un homme en blouse blanche s'avance vers lui. Il se lève. L'homme n'affiche aucune émotion. Même pas cette compassion qu'ils ont tous quand ils doivent vous annoncer l'inacceptable.

_ Tout c'est bien passer, nous avons réussi à la réanimer. Mais nous devons la garder pendant quelques jours en observation vu la gravité de son attaque.

[Une joie immense l'envahit. Il saute dans les bras de cet homme qui se tient devant lui. Ce messager de bonheur. Son regard se réallume de cette petite lumière.


« FIN DU FLASHBACK »


Son café finit, une angoisse le saisit en revoyant ces deux personnes anéanties et ce garçon presque sans vie. Et si l'opération se passait mal? Si le coeur faisait un rejet? Après tout, la mort règne dans cet hôpital qui lui a pris son père. Des murs, en passant par les visages croisés, à cette odeur de désinfectant comme pour nettoyer le passage de la mort.
Il décide de revenir dans la chambre en attendant la fin de l'opération, avec une angoisse, une boule au ventre.


# Posté le dimanche 09 septembre 2007 14:08

Modifié le dimanche 20 septembre 2009 09:41

» For-a-palpitation » Saison 1 ~ Scène 2 _____________________" Dark cloud moving in... "

» For-a-palpitation » Saison 1 ~ Scène 2  _____________________" Dark cloud moving in... "

Blog coup de coeur:
Musique pour la scène: Don't you dare



Une semaine était passée depuis la greffe de Peyton: l'opération avait été une réussite. Nathan a retrouvé le sourire et la joie de vivre qui l'avait perdus sans s'en être vraiment rendu compte. Il pousse Peyton a reprendre sa vie en main, sa vie d'avant. Mais, il voit bien que quelque chose a changé. Et il ne sait pas si c'est de bonne augure pour le futur de leur couple.
En effet, Peyton souffre intérieurement. Elle a peur d'avoir des crises, des attaques lors d'un effort. Ceci l'empêche de revenir chez les pom-pom girls bien qu'elle en est très envie. Une autre chose qu'elle garde pour elle, est le fait qu'elle ne pourra jamais redevenir celle qu'elle avait été avant cette épreuve. Elle ne l'a toujours pas avoué à Nahan de peur de s'éloigner de lui, de le perdre. Lui, le seul homme qu'elle est jamais aimée et avec qui elle peut être elle-même.

Lucas, lui,est devenu l'ombre de lui-même: une épave qui se laisse couler au fond de l'océan, sombre et noir. Son regard est vide de tout sentiments. Pour lui, la vie n'a plus de sens sans son sourire, ses yeux, son sourcil qui se levait et ses baisers chaleureux. Il n'a plus envie de rien et ne parle presque plus. En fait, il ne vit plus: il survit.
Haley a réagi à l'opposé de Lucas. Elle a décidé de profiter de chaque instants de la vie sachant que celle-ci peut s'arrêter du jour au lendemain. Elle sort souvent, passe de garçons en garçons pour ne pas s'attacher et ne s'intéresse plus trop aux études. Mais en réalité, tout cela, cache une douleur immense d'avoir perdu non pas une personne chère mais deux. C'est ce qu'elle ressent depuis que Lucas ne lui adresse que très peu la parole et qu'il s'enferme. Alors, elle fait de même et fait semblant de vivre.

Cette semaine avait eu lieu les examens finals pour passer à la faculté. Peyton et Nathan les avait eu, Haley aussi mais avait eu de la peine. Quant à Lucas, lui qui était un bon élève n'avait pas eu de problèmes. Mais tout le monde s'était demandé s'il s'était rendu compte de ce qu'il faisait; tellement il agissait comme un robot.

Aujourd'hui, c'est le jour de l'enterrement. Le soleil brille au-dessus de ces personnes habillés de noir et aux visages pâles.
Lucas se tient entre sa mère, Karen, et Haley qui lui tiennent une main chacune. Il a l'impression qu'elles veulent essayer, par ce contact, de lui prendre un peu de sa douleur pour le soulager. Il apprécie ce geste, cette intention.
Il regarde cette grande boîte en bois qui se dresse devant lui. De la colère l'envahit. Il ne peut pas croire que son petit corps repose là-dedans. Sans lui. Sans son coeur. Cette partie d'elle qui était la preuve de leur amour, de leur histoire ; qui lui appartenait.


« FLASHBACK »

Lucas court. Il la suit. Elle ne peut pas s'enfuir. Pas après ce qu'il vient de lui avouer. Il la rattrappe et lui prend le bras pour la faire vire-volter. Maintenant, ils sont face à face.

_ Luke, lâche-moi!
_ Non! crit-il; Pas après ce que je viens de te dire...


Elle baisse les yeux comme quelqu'un de coupable.

_ Brooke, tu ne peux pas me dire « désolée » et t'enfuir alors que je viens de te dire que je t'aime !

Elle a les larmes aux yeux et essaye de se contrôler pour ne pas pleurer. Pas devant lui.

_ Je suis désolée...

Elle relève la tête et plonge son regard dans le sien.

_ ...mais j'ai peur! finit-elle par dire.

Lucas la regarde, perdu. Il ne comprend pas de quoi elle parle. Il lui lance un regard interrogateur.

_ Tu es le premier, commence-t-elle. Le premier pour qui j'éprouve ça et ...ça m'effraie! Je pense tout le temps à toi et quand je te vois, je rougis. Un trouble m'envahit et j'ai des picotements dans le ventre! Mes yeux ne voient plus rien, je ne peux plus parler et je sens mon coeur battre et brûler rien pour toi!

Lucas reste bouche bée: Brooke Davis vient de lui faire la plus belle déclaration d'amour. Elle s'approche et lui prend une de ses mains qu'elle pose sur son coeur. Il le sens battre sous ses doigts.

_ Il t'appartient.

Pour toute réponse, il l'embrasse plein de douceur.


« FIN DU FLASHBACK »


Lucas lâche les mains d'Haley et de sa mère. Il s'avance vers une motte de terre. Il prend une poignée de cette dernière qui la recouvrira dans quelques minutes. Il serre son poing plein de terre, fou de rage. Tout ça ne peut pas se terminer comme ça. Elle ne peut pas le laisser. Il n'est pas assez fort. Des larmes commencent à naître aux coins de ses yeux. Il ne peut accepter l'inacceptable.

_ Lucas ; dit une voix d'un ton posé.

Il se retourne et regarde Haley qui a le visage noyé de larmes. Il a reconnu sa voix quand elle l'a appelé. Il voit dans ses yeux qu'elle lui demande d'abréger ses souffrances, d'arrêter de se faire du mal, de s'auto-mutiler. Cette douleur qui l'empêche de défaire son emprise autour de ce tas de terre signifiant la fin. Il réalise aussi qu'il ne se fait pas seulement du mal à lui en ne voulant pas défaire son étreinte, mais aussi à Haley. Il la fait souffrir autant qu'il souffre.
Alors il se retourne face au cercueil et défait petit à petit son poing laissant échapper cette terre. Cette terre qui l'emprisonera. Puis finalement, sa main est vide. Il fixe cette boîte en bois. Il se retourne et se met à sa place, à côté d'Haley.

La cérémonie est finie. Il ne reste que Lucas. Il fixe cette plaque:

Brooke Pénélope Davis
1989-2007


Il ne peut pas y croire. C'est au-dessus de ses forces. Puis il relève son regard qui se perd vers toutes ces tombes et aperçoit une silouhette à côté d'un arbre qui semble le fixer. Il cligne des yeux et observe le même endroit. Mais l'ombre n'y est plus. Peut-être a-t-il rêvé ? Il regarde une dernière fois la plaque qui recouvre l'endroit où celle qu'il aime repose. Qui signifie qu'elle l'a quitté pour un endroit où il ne peut la suivre. Une larme coule sur sa joue. Il l'essuie d'un revers de manche comme si elle pouvait encore le voir et se moquer de lui, de là-haut. Il se retourne et quitte le cimetière se promettant d'y revenir aussi souvent qu'il le pourrait.

# Posté le mardi 18 septembre 2007 14:24

Modifié le dimanche 20 septembre 2009 10:54

» For-a-palpitation » Saison 1 ~ Scène 3 _____________________" God bless the child... "

» For-a-palpitation » Saison 1 ~ Scène 3  _____________________" God bless the child... "

Blog coup de coeur:
Musique pour la scène: God bless the child


Elle se tient à côté de cet arbre, de ce cimetière, dans cette petite ville qu'elle ne connaît pas. Depuis dix minutes, elle regarde cette tombe; depuis que le jeune homme blond est parti. Elle a peur de s'approcher. Elle a peur de voir cette terrible réalité en face. Elle fait un pas puis un autre. Il ne lui reste plus que cinq mètres à faire. Elle sent son ventre se tordre de douleur. Finalement, elle arrive devant la plaque tombale. Elle s'agenouille.
Il y a une photo de la jeune fille décédée. Elle la trouve très belle: elle devait avoir un succès fou auprès de la gente masculine. Sa tristesse augmente à cette pensée et à la vue de cette image. Son regard parcourt la pierre et se fixe sur les dates de naissance et de décès. Elle avait son âge. Une larme coule le long de sa joue, silencieuse.

_ Hey, dit-elle sans chaleur. Je suis Peyton.

Elle renifle pour essayer de contenir sa douleur. Ne supportant plus cette souffrance, elle laisse tomber ses genoux à terre. Elle éclate en sanglots. Peyton culpabilise de lui avoir pris son bien le plus précieux, qu'elle aurait sans doute voulu garder. Elle s'en veut. Elle se sent coupable en repensant à toutes ces personne aux visages pâles, et, surtout en repensant à la détresse lue dans le regard du jeune homme blond. Elle lève la tête au ciel, les joues ruisselantes.

_ Je suis désolée...

Elle ferme les yeux. Elle sait qu'elle ne l'a pas tuée mais pour une raison qu'elle ignore elle-même, elle se sent coupable de lui avoir pris son coeur, à elle qui n'avait pas vécue la moitié de la vie qui lui était promis.

_ Je suis tellement désolée...Si tu savais comme je me déteste de te l'avoir enlevé et de vivre avec. Tu méritais de le garder, là-haut, toi qui se trouve maintenant sous mes pieds...J'aurais pu attendre encore quelques temps. Ma mère, elle, a refusé de se mettre sur la liste des demandeurs quand elle a su pour sa maladie. Ca fait cinq ans...Maintenant elle n'est plus là. Mais au moins, elle est partie l'âme en paix. Pardonne-moi de ne pas avoir été aussi forte qu'elle, d'avoir réagis égoïstement en te prennant cette partie de toi qui représente tout.

Elle ouvre ses paupières. Elle essuie ses joues pleines de larmes : nouvelle preuve de sa faiblesse. Elle se relève et fixe la plaque.

_ Désolée d'être faible...Brooke.
_ Qui es-tu ?


Peyton se tourne, surprise. Elle se trouve face au jeune homme blond de tout à l'heure : Lucas.

_ Je t'ai vue derrière l'arbre, dit-il. Qui es-tu ?

Peyton panique et sens son coeur battre plus vite qu'il ne devrait. Que pouvait-elle lui dire ? Elle n'allait pas lui avouer que c'est elle qui possède le coeur de Brooke. Elle se déteste suffisamment elle-même. Elle ne veut pas en plus voir de la haine et de la souffrance dans le regard bleu azur de ce garçon. Elle se sentirait détruite.

_ Je...je...je dois partir !

Peyton fait alors ce qu'elle sait faire de mieux en ce moment: elle fuit. Elle court le plus vite et le plus loin possible de lui, de peur qui la suive.

Lucas la suit du regard. Il fixe sa silhouette s'éloigner sans faire de mouvement. Il avait remarqué qu'elle avait pleurée et que son regard émeraude était plein de souffrance.
Il ne la voit plus. Il est à la fois surpris et méfiant par rapport à cette personne qu'il ne connaît pas. Et pourtant...cette silhouette, ce visage, ces yeux, ces jambes lui rappellent quelque chose d'étrange : un sentiment de culpabilité et de plaisir à la fois. Il a comme l'impression de l'avoir déjà vue autre part que dans ce cimetière, aujourd'hui...

# Posté le mercredi 26 septembre 2007 08:54

Modifié le samedi 26 septembre 2009 11:15